dimanche 15 novembre 2015

Comment ne penser à rien ?



Il faudra bien trouver
La force de sourire
La force de s’aimer
La force d’avancer
Demain

Il faudra bien dormir
Manger, rire et s’enlacer
Embrasser les joues des nouveaux-nés
Faire des voyages et des projets
Demain

Mais ce soir
Comme ne pas pleurer
Serrer les dents et grelotter
Faire des adieux sans s’effondrer

Ce soir,
Comment oublier pour une heure
Une minute ou même moins
Ce soir, dites-moi,

Comment ne penser à rien ? 


Thème, très à-propos ce soir, des Impromptus Littéraires

dimanche 1 novembre 2015

Une photographie



Au mur de mes souvenirs, il y a une photographie qui m’arrache un sourire autant qu’elle me tire de larmes.

Je dois avoir entre 4 et 6 ans, et je me rends compte aujourd’hui que c’est de toi que me vient cet humour absurde et bon enfant, cette science du ridicule qui ne tue pas.

Tu sais, parfois je récite très vite « Ah pourquoi Pépita dans les bois m’épies-tu », pour vérifier que je n’oublie pas. Je me revois me gaver de figues, et je pense à toutes ces fois où tu m’as emmenée en vacances avec toi, ta façon de faire passer mon hoquet, ta moustache et les Gitanes maïs que tu fumais.

Enfant, je n’ai jamais réalisé la force de l’amour que tu me portais, je n’ai pas réfléchi à ce qui nous liait. Je leur en ai tant voulu de m’avoir caché ta maladie, même si c’était pour me préserver.

Je regarde cette photo, et c’est comme ça que je veux penser à toi, pas à ce jour terrible où tu nous as quittés.


Les années ont passé, mais je veux que tu saches à quel point tu me manques, Pépé. 





lundi 19 octobre 2015

L'ombre de...


L’ombre de ton sourire
Plane sur ma vie
L’ombre de tes soupirs
Règne sur mes nuits

L’ombre de tes silences
Dans le soir m’assourdit
L’ombre de tes murmures
Me berce sans bruit

L’ombre de ton amour
M’éclaire quand je prie
L’ombre de tes adieux
En une larme m’éblouit


Thème des Impromptus Littéraires...


lundi 12 octobre 2015

Sans titre - Octobre 2015

Il y a des vies
Comme des morceaux de papier
Au vent jetés
Eparpillés

La mienne est de celles-ci

Et mon coeur morcelé
Se fragmente en pays
En villes, en amitiés

Et mon âme est riche

De ceux que j'ai aimés
De tous ceux qui me manquent
Qui peuplent mes pensées

Mais mon corps est triste

Loin de leurs baisers
Loin de leurs bras, ma peau gelée

Peine à se réchauffer


(Interrompue entre la 2ème et la 3ème parties, j'ai fini ce texte sans conviction. Je suis partie dans une direction qui n'est pas celle qui me guidait au départ, et qui s'avère moins positive. Mais je n'aime pas retoucher ce qui s'écrit.)

samedi 8 août 2015

2h18



A 2h18
Je pense à toi, je pense à lui
Le ventre noué, le sommeil me fuit

A 2h18
Je voudrais t'aimer
Laisser tes lèvres me frôler
Et embraser la nuit de nos corps mêlés

A 2h18
La lune est douce et sa beauté
Révèle l'opale de mes larmes salées
Dans ce lit froid et déserté

A 2h18
Des images brouillées
Unissent vos visages et vos reflets
Vos voix et mes pensées

A 2h18
Je pense à toi, je pense à lui
Le cœur serré, le sommeil me fuit


jeudi 12 février 2015

Labyrinthe d'odeurs


C’était un de ces soirs où l’été hésite encore à céder sa place à l’automne. Assise au bord des vagues, ses mains gonflées posées sur ses genoux, elle se laissa aller aux souvenirs du passé. L’air marin chargé en sel caressait son visage plissé par les ans, et cette douceur lui fit fermer les yeux, la plongeant plus loin encore au cœur de sa mémoire.

Elle se rappelait les jeux autour de la balançoire, sa sœur qui lui courait après, le parfum de la tarte aux pommes qu’on dévorait pour le goûter, l’odeur suave et poudrée de sa mère qui l’embrassait.

Elle se rappelait la grande bibliothèque de l’université, ses grands pans de murs lambrissés, ses allées immenses où les pas résonnaient, l’odeur acre et doucereuse des vieux livres qu’elle ne se lassa pas d’effleurer.

Elle se rappelait le soir où, partie danser, elle avait croisé son sourire et ses bras musclés, comment, un peu plus tard, elle avait goûté sa saveur épicée, et l’odeur de sa sueur dans ses draps imprégnée.

Elle se rappelait la douleur, le chagrin, la colère, la façon dont il l’avait hantée, les battements de cœur manqués lorsque parfois il lui semblait sentir son parfum, comme un écho diminué.

Elle se rappelait les blessures, les joies, les peines, l’amour retrouvé. Elle se rappelait les deuils, les enfants, les amis, le parfum du café le matin, la soupe en train de chauffer. L’odeur de la terre les jours de pluie, et celle du talc pour bébé. Elle se rappelait les champs de lavande, la peinture en train de sécher.

Assise au bord de la mer, ses larmes ont séché. Perdue dans un labyrinthe d’odeurs, son sourire s’est figé. Elle glisse dans ses souvenirs, les senteurs du passé. Le parfum des embruns s’efface…


lundi 9 février 2015

Quand tu dors

J’aime quand tu dors
Car alors
Tous les mots s’évaporent
Ceux que je n’ose te dire
Ceux que je tais encore
Des mots d’amour, des mots d’avenir
Des promesses muettes jurées sur ton corps

J’aime la douceur de nos nuits
Au creux de ton dos, blottie
Quand tu rêves et que je souris
Tu soupires et je revis
Je regarde les heures s’écouler, ravie
Je t’écoute respirer sans un bruit