jeudi 12 février 2015

Labyrinthe d'odeurs


C’était un de ces soirs où l’été hésite encore à céder sa place à l’automne. Assise au bord des vagues, ses mains gonflées posées sur ses genoux, elle se laissa aller aux souvenirs du passé. L’air marin chargé en sel caressait son visage plissé par les ans, et cette douceur lui fit fermer les yeux, la plongeant plus loin encore au cœur de sa mémoire.

Elle se rappelait les jeux autour de la balançoire, sa sœur qui lui courait après, le parfum de la tarte aux pommes qu’on dévorait pour le goûter, l’odeur suave et poudrée de sa mère qui l’embrassait.

Elle se rappelait la grande bibliothèque de l’université, ses grands pans de murs lambrissés, ses allées immenses où les pas résonnaient, l’odeur acre et doucereuse des vieux livres qu’elle ne se lassa pas d’effleurer.

Elle se rappelait le soir où, partie danser, elle avait croisé son sourire et ses bras musclés, comment, un peu plus tard, elle avait goûté sa saveur épicée, et l’odeur de sa sueur dans ses draps imprégnée.

Elle se rappelait la douleur, le chagrin, la colère, la façon dont il l’avait hantée, les battements de cœur manqués lorsque parfois il lui semblait sentir son parfum, comme un écho diminué.

Elle se rappelait les blessures, les joies, les peines, l’amour retrouvé. Elle se rappelait les deuils, les enfants, les amis, le parfum du café le matin, la soupe en train de chauffer. L’odeur de la terre les jours de pluie, et celle du talc pour bébé. Elle se rappelait les champs de lavande, la peinture en train de sécher.

Assise au bord de la mer, ses larmes ont séché. Perdue dans un labyrinthe d’odeurs, son sourire s’est figé. Elle glisse dans ses souvenirs, les senteurs du passé. Le parfum des embruns s’efface…


lundi 9 février 2015

Quand tu dors

J’aime quand tu dors
Car alors
Tous les mots s’évaporent
Ceux que je n’ose te dire
Ceux que je tais encore
Des mots d’amour, des mots d’avenir
Des promesses muettes jurées sur ton corps

J’aime la douceur de nos nuits
Au creux de ton dos, blottie
Quand tu rêves et que je souris
Tu soupires et je revis
Je regarde les heures s’écouler, ravie
Je t’écoute respirer sans un bruit

jeudi 9 octobre 2014

Odetolily - le retour

Tirons un trait sur le passé
Viens, prends ma main, partons enfin
Tout est pardonné, oublié
Tirons un trait sur le passé

Viens, prends ma main, partons enfin
Tout est pardonné, oublié
L'espoir soudain renaît
Viens, prends ma main, partons enfin

Tout est pardonné, oublié
L'espoir soudain renaît
De ces mots au vent semés
Tout est pardonné, oublié

L'espoir soudain renaît
De ces mots au vent semés
Tirons un trait sur le passé
L'espoir soudain renaît

lundi 13 mai 2013

Poème de comptoir : océan

De tempêtes en naufrages
Souvent j’ai navigué
Sur des mers âpres et sauvages
Des océans mauvais

Perdant chaque fois l’espoir
De poser un jour le pied
Sur de plus sûrs territoires
Aux parfums apaisés

Lors, tu m’es apparu
Me guidant tel un phare
Ton cœur vers le mien tendu
M’extirpant du cauchemar

J’ai goûté enfin au repos tranquille
Des eaux douces de ton amour rassurant
Mon âme tourmentée ayant trouvé asile
Au creux de tes bras aimants

Mais parfois encore, juste pour le frisson
Je souffle, je m’agite et j’enrage
Entretenant le feu de la passion
Dans le plaisir brûlant de l’orage

lundi 28 janvier 2013

Le loup

Entre chien et chat
Nous jouons au loup
Mais y es-tu ?
Entre toi et moi
C'est un peu flou
Mais que veux-tu ?

Tu me tournes autour
Comme un vautour
Je me sens prisonnière
Entre tes serres
Et pourtant
Quand enfin je m'abandonne
Brutalement
Tu t'envoles

Puis finalement
Le jeu reprend
Toi le chat, moi la souris
Tu me montres les crocs
Tu me souris
J'attends que tu me croques
Mais tu t'enfuis

Entre chien et chat
Nous jouons au loup
Mais y es-tu ?
Entre toi et moi
C'est un peu flou
Je n'en peux plus

Sur ma peau

Je t'ai écrit un poème
Pour te dire mon amour
Mais mes vers maladroits
N'ont pas su te séduire

J'ai dessiné ton visage
Pour en mémoriser les contours
Mais mes honteux gribouillages
N'ont pas su te faire sourire

Je t'ai chanté la sérénade
De ma voix de velours
Mais mes notes discordantes
N'ont pas su te réjouir

Alors je t'ai gravée
Sur ma peau
J'ai inscrit ton image
Sur ma peau
Pour toujours contre moi
Sur ma peau
Enfin tu es là
Sur ma peau

mercredi 3 octobre 2012

Une heure avant la mort

Le temps nous est compté
Mon amour tu le sais
Y’a qu’à nous regarder
On se déchire, on se dévore
Je t’aime et tu me hais
Tu me supplies et je t’ignore
Je pleure et tu te tais
Tous nos efforts ont été vains
L’amour se meurt
C’est notre fin
En chiffres rouges le compte à rebours
Une heure et puis plus rien

Une heure avant la mort
Mon amour aimes-moi encore
Une heure avant la mort
Mon amour mords-moi encore
Une heure avant la mort
Mon amour serre-moi plus fort
Une heure avant la mort
Mon amour tues-moi enfin

Sur un thème des Impromptus Littéraires