samedi 14 octobre 2017

Exercice de style : Word War #1

Elle avait sur la peau un parfum d'océan. Un goût salé, comme une caresse de soleil, sur sa peau restée pâle.
Je voulais l'embrasser, je voulais la boire, je voulais la goûter.
J'avais peur que sa peau de sel finisse par s'évaporer, sous les humeurs humides de mes baisers, et que l'amer remplace l'amour.

Finalement, c'est elle qui s'est enfuie, au bout de 5 ans, et j'ai eu l'impression de rendre à la mer tous ses flots de sel, évacués par mes qui ont tant coulé.


Pendant longtemps, je n'ai plus eu le goût de rien, ma vie était fade et terne, sans goût, sans piquant, sans amour.


Puis j'ai rencontré Abricot. Je l'appelle Abricot, parce qu'elle était douce et soyeuse, et qu'elle sentait comme la confiture de ma grand-mère. Il faut voir à quoi ça tient, parfois, la passion : à l'odeur d'une confiture de grand-mère. Je n'ai jamais osé lui précisé, d'où venait ce surnom que je lui avais donné. Il y avait comme un parfum d'interdit, comme une forme d'indécence, à aimer quelqu'un comme on chérit un souvenir. Peut-être aurais-je dû l'appeler Madeleine, en hommage à Proust.

Mais la confiture, ça a beau être doux et sucré, on s'en lasse. Je voulais grandir, je voulais aimer plus fort, je voulais des parfums de fleur, quelque chose d'enivrant, que l'on peut boire jusqu'à la lie.

Alors j'ai erré, de rose piquante en belle des champs, je me suis saoûlé de ces parfums entêtants, j'ai voulu recomposer dans mon cœur tout un bouquet, un éventail de femmes en fleur, qui a fini par fâner.

Maintenant je ne sais plus à quel sens me vouer. Peut-être finalement, ne savais-je pas aimer ? J'étais un collectionneur de saveurs, de parfums, de femmes-objets. J'ai poursuivi un but vain, insensé.
À l'automne de mes jours, tout m'échappe, se trouble, s'évapore, se ternit. Je n'ai plus goût à rien, ni même à la vie. D'un homme à femmes, je suis devenu un homme affadi.


Word War, késako ? Défi entre plusieurs NaNoteurs (ou NaNoteuses) qui consiste à écrire le plus possible pendant un temps imparti (ici, 15 minutes). Voir : NaNoWriMo

mardi 10 octobre 2017

En attendant le bus

J'étais là, assise sur mon banc, à attendre le bus sagement, quand il est arrivé.
C'était bien lui, cet homme que j'avais aimé de tout mon être, de toute mon âme, déjà dix ans plus tôt, dans une autre ville, dans une autre vie.

J'avais maintenant 30 ans, et il approchait de la quarantaine, ce qui lui seyait plutôt bien. Ces petites rides précoces que j'avais l'habitude de lisser du bout des doigts étaient plus profondes maintenant, et quelques autres les avaient rejointes.

Dix ans de vie loin, loin de mon esprit, avec son lot d'amours fanés et de... de quoi, je n'ai pas envie de le savoir.

J'ai souri, puis cligné des yeux. Il a disparu.

lundi 11 janvier 2016

Ashes to ashes



Je ferme les yeux juste pour voir
Encore une fois ton beau regard
La pureté bleue d'une prunelle
L'obscurité où je voulais plonger
Tu irradiais de tant de lumière
Et je crois bien que je t'aimais
Quand de ta voix qui m'ensorcèle
Tu chantais l'histoire de Ziggy
Cet éclair qui un jour a barré ton visage
Ce soir transperce mon âme
Et je pleure à ton sourire
Quand tu dansais dans la rue
Joyeux Noël, Major Celliers
So long, Monsieur Tesla
Adieu, Master Bowie.




dimanche 15 novembre 2015

Comment ne penser à rien ?



Il faudra bien trouver
La force de sourire
La force de s’aimer
La force d’avancer
Demain

Il faudra bien dormir
Manger, rire et s’enlacer
Embrasser les joues des nouveaux-nés
Faire des voyages et des projets
Demain

Mais ce soir
Comme ne pas pleurer
Serrer les dents et grelotter
Faire des adieux sans s’effondrer

Ce soir,
Comment oublier pour une heure
Une minute ou même moins
Ce soir, dites-moi,

Comment ne penser à rien ? 


Thème, très à-propos ce soir, des Impromptus Littéraires

dimanche 1 novembre 2015

Une photographie



Au mur de mes souvenirs, il y a une photographie qui m’arrache un sourire autant qu’elle me tire de larmes.

Je dois avoir entre 4 et 6 ans, et je me rends compte aujourd’hui que c’est de toi que me vient cet humour absurde et bon enfant, cette science du ridicule qui ne tue pas.

Tu sais, parfois je récite très vite « Ah pourquoi Pépita dans les bois m’épies-tu », pour vérifier que je n’oublie pas. Je me revois me gaver de figues, et je pense à toutes ces fois où tu m’as emmenée en vacances avec toi, ta façon de faire passer mon hoquet, ta moustache et les Gitanes maïs que tu fumais.

Enfant, je n’ai jamais réalisé la force de l’amour que tu me portais, je n’ai pas réfléchi à ce qui nous liait. Je leur en ai tant voulu de m’avoir caché ta maladie, même si c’était pour me préserver.

Je regarde cette photo, et c’est comme ça que je veux penser à toi, pas à ce jour terrible où tu nous as quittés.


Les années ont passé, mais je veux que tu saches à quel point tu me manques, Pépé. 





lundi 19 octobre 2015

L'ombre de...


L’ombre de ton sourire
Plane sur ma vie
L’ombre de tes soupirs
Règne sur mes nuits

L’ombre de tes silences
Dans le soir m’assourdit
L’ombre de tes murmures
Me berce sans bruit

L’ombre de ton amour
M’éclaire quand je prie
L’ombre de tes adieux
En une larme m’éblouit


Thème des Impromptus Littéraires...


lundi 12 octobre 2015

Sans titre - Octobre 2015

Il y a des vies
Comme des morceaux de papier
Au vent jetés
Eparpillés

La mienne est de celles-ci

Et mon coeur morcelé
Se fragmente en pays
En villes, en amitiés

Et mon âme est riche

De ceux que j'ai aimés
De tous ceux qui me manquent
Qui peuplent mes pensées

Mais mon corps est triste

Loin de leurs baisers
Loin de leurs bras, ma peau gelée

Peine à se réchauffer


(Interrompue entre la 2ème et la 3ème parties, j'ai fini ce texte sans conviction. Je suis partie dans une direction qui n'est pas celle qui me guidait au départ, et qui s'avère moins positive. Mais je n'aime pas retoucher ce qui s'écrit.)