mardi 11 mars 2008

Prière d'adieu

Il est temps maintenant
De tourner la page
Tu n’es plus mon présent
Tu étais de passage

Tes mains contre mon dos
Sont un supplice insoutenable
Alors que tu as prononcé ces mots
Déjà irréparables

Et moi j’attends
Que la porte se referme
D’entendre tes pas lents
S’éloigner puis se taire

Je t’ai laissé à Dieu
Mais toi tu ne pars pas
J’ai fermé les yeux
Et repoussé tes bras

Il est temps maintenant
De tourner la page
Tu n’es plus mon présent
Tu étais de passage

Vas-t’en
Vas-t’en
Vas-t’en
Maintenant.

samedi 1 mars 2008

Ode to Lily

Petite fille perdue
Qui pleure, qui crie
Petite fille qui ne sait plus
Ce qu'est la vie

Elle est celle en moi
Dont les ailes sont brisées
Enfant fragile en moi
Qui se sent mal-aimée

Lily
C'est pour toi que je chante
Lily
Pour toi je suis forte
Et si tu as peur prends-moi la main
Lily, sans toi je ne suis rien
Lily
Tu verras tout ira bien
Lily
Nous sommes deux sur ce chemin

A voir : Je vais bien, ne t'en fais pas, 2006, de Ph. Lioret, avec Mélanie Laurent
A écouter : U-turn (Lili) de Aaron, BO du film et album Artificial Animals Riding on Neverland

dimanche 17 février 2008

A mon grand-père (Nous n'avons jamais su)

Nous n'avons jamais su vraiment ce que tu pensais
sur plein de choses pourtant essentielles.
Tu ne parlais jamais de Dieu,
mais tu allais à l'église de temps en temps
pour dire adieu à tes amis quand ils mourraient,
pour partager la joie de ceux qui se mariaient,
pour accueillir les enfants de la famille ou des amis
quand on les baptisait
et pour les entourer plus tard
quand ils faisaient leur première communion.

Aujourd'hui, nous tes proches nous te disons adieu,
nous espérons que silencieusement tu as rejoint
ceux que tu aimais,
ceux dont tu avais partagé le travail, les soucis,
ceux que tu avais aidé ou qui t'avaient rendu service.

Demain, nous aussi nous partirons
sans avoir terminé notre travail,
nous laisserons sans doute des choses à faire,
nous abandonnerons nos travaux entrepris
que d'autres, à notre place poursuivront.

Mais ce jour-là nous espérons te retrouver, nous viendrons, silencieusement nous asseoir auprs de toi dans la maison de Dieu.

Ce texte n'est pas de moi, c'est celui que j'ai lu à l'enterrement de mon grand-père, et c'était important pour moi qu'il figure ici.

lundi 11 février 2008

Et moi je reste

Aujourd’hui tu es partie
Ne me reste qu’un trou béant
Un vide dans le cœur
Et l’angoisse de l’avenir
Avant toi je me croyais faible
Tu m’as redonné la joie de vivre
Comment alors vais-je survivre
Alors que j’ai perdu ma lumière ?
Les jours me semblent une éternité
Ton absence est si présente
Que son bruit couvre mes larmes
Alors tu ne m’entends pas
Dans l’écho de ma solitude
Je peux voir mon reflet
Je ne sais plus sourire
Du mal à respirer
Les yeux me piquent
Mes bras se resserrent autour de mes genoux
Et je t’attends, ainsi prostrée
Le moindre mouvement peut disperser
Les souvenirs de ta gaieté
Qui me maintiennent en vie

mardi 29 janvier 2008

Quelque chose de terrible en moi

Il y a quelque chose de terrible en moi, qui me transporte et me soulève. Il y a mes yeux qui rient, mes mains qui virevoltent, mon coeur qui danse. Il y a cette légèreté grave, cette gravité légère, ce sourire et ce sérieux, ce ciel bleu qui parfois se teinte de nuages pour mieux réclamer le soleil. Il y a en moi toutes les couleurs de la vie, que tu as révélées.

Il y a en moi les jours d’été dans tes bras, les nuits d’hiver tout contre toi. Il y a en moi la lumière de ton visage, la pureté de ton âme. Il y a en moi des pages blanches sur lesquelles tu inscris nos noms, inlassablement. Il y a en moi tout un champ de possibles. Il y a en moi un univers où tu règnes en maître. Il y a en moi cette prière magique, cet abandon qu’on appelle l’amour.

Il y a quelque chose de terrible en moi, et c’est toi.


Variante d'un texte pour les Impromptus Littéraires, à lire ici

jeudi 24 janvier 2008

La fragrance des mots

Mon nom sur une enveloppe glissée sous ma porte. Des effluves de fleurs, de printemps. Une lettre pliée en deux, papier précieux. Odeur plus subtile et plus sucrée, chocolat et crème fouettée.

Tes mots. Ton écriture petite et serrée, qui emplit l’espace, qui m’entoure et qui m’emporte. Des mots d’amour par poignées, qui résonnent dans mon coeur et me font chavirer. Tes mots qui ont ton parfum, suave et fort, épicé et envoûtant, langoureux et passionné.

Fragrance. Nom féminin. Odeur agréable. C’est ce qui me submerge quand je te lis. Ce mélange complexe de parfums, de saveurs. Je sens dans tes mots comme une promesse, ça doit être ça la fragrance du bonheur.

(d'après un thème des Impromptus Littéraires)

mardi 15 janvier 2008

Tempête

Le froid hivernal me gèle le coeur
Mes poumons ne répondent plus
Enfin je crois que mon heure
Est venue
Une dernière pensée,
Elle est pour toi
Jusqu'au bout j'ai espéré
Que tu me voies
Et cette fin sans fin
Me dévore jusqu'à plus faim
Si enfin je meurs, ce sera la fin
Et le temps n'est plus
Dans ce tourbillon blanc
Je deviens statue
Et l'oubli me prend
Il resserre ses mains
Autour de ma gorge
Et les flocons dansent autour de moi,
Ils m'appellent.