vendredi 30 juillet 2021

[NaNoCamp Juillet - Prompt du jour : Pizza et sentiments]

 Je pense avoir déjà écrit des dizaines de textes identiques, clichés à gogo, faciles et fainéants. Gloups ! 484 mots


Il lissait nerveusement la nappe du plat de la main, redressant continuellement assiettes, couverts et verres, comme incapable de s’en empêcher. Tout devait être parfait ce soir, pas un mauvais pli, pas un faux-pas. Il aurait fait reluire l’argenterie si l’ensemble de ses couverts n’étaient pas une ménagère achetée à l’époque dans un tout à dix francs par sa grand-mère. Il sortit deux chandeliers en toc, qu’il déposa religieusement sur la table, et y inséra deux longues bougies, posant à côté une boîte d’allumettes pleine pour ne pas se laisser prendre au dépourvu.

Puis il se précipita vers son enceinte connectée, branchant son téléphone et sélectionnant la playlist qu’il avait soigneusement composée pour la soirée. Un jazz doux et sensuel s’éleva, et quand il eut réglé le son, il poussa un soupir satisfait.

Il ne lui restait plus qu’à prendre soin de lui-même, et il passa dans la salle de bains, passant un coup de peigne rapide dans ses cheveux, se brossant les dents, et remettant du déo en un même mouvement. Il avait tendance à transpirer quand il était nerveux, et ce soir, il était très nerveux.

Quand il fut content de son apparence, une chemise propre bien repassée enfilée sur un marcel blanc, les manches soigneusement retroussées et le col entrouvert pour donner l’illusion de la décontraction, il retourna en cuisine, décrochant au passage le tablier qui trônait derrière la porte, le nouant autour de sa taille.

Aplatissant la pâte qu’il avait préparée plus tôt dans la journée, il l’enfourna une dizaine de minutes et s’affaira à préparer la garniture. Quelques girolles fraîches revenues à la poêle 5 minutes avec une noisette de beurre viendraient recouvrir une base crème fraîche et non pas sauce tomate, et quelques oignons fondants caramélisés. Une persillade maison viendrait sublimer le tout. Quand tout fut dressé à sa convenance sur la pâte juste précuite, il l’enfourna 5 minutes, débouchant une bouteille de vin blanc avant de la poser dans le seau rempli de glaçons sur une petite desserte à côté de la table.

La sonnette retentit, signalant l'arrivée de son invitée, et il ouvrit la porte avec un grand sourire.

Elle lui tendit un plat en verre sur lequel reposait une pavlova aux fruits rouges qui lui mit l’eau à la bouche, et il s’empressa de la faire rentrer, l’invitant à s’installer immédiatement à table.

Une nouvelle sonnerie se fit entendre : la pizza était prête.

Il la sortit prudemment du four, déposant un peu de burrata crémeuse sur le dessus, et quelques feuilles de basilic pour la finition.

L’apportant religieusement à table, il la déposa sur le dessous de plat en lave émaillée, avant de s’asseoir face à elle. Il ouvrit la bouche, prêt à lui expliquer la recette, mais lorsqu’il croisa ses grands yeux bordés de longs cils, ce qui sortit, précédé d’un gargouillis étranglé fut son tout premier « Je t’aime ». 



Aucun commentaire: